Chaque soir, ce moment où l’on ferme les volets peut paraître anodin. Pourtant, au cœur de l’hiver, alors que la facture de chauffage moyenne tourne autour de 1 770 € par an en France, ce geste du soir peut faire toute la différence. Bien réalisé, il devient un véritable allié pour garder la chaleur à l’intérieur… mais mal synchronisé, il peut au contraire vous faire perdre des kilowattheures précieux. L’astuce ? Fermer les volets au bon moment après le coucher du soleil pourrait faire chuter jusqu’à 30 % les déperditions de chaleur au niveau des fenêtres, et donc alléger sensiblement votre facture d’énergie.
Pourquoi vos fenêtres font exploser la facture de chauffage
Les fenêtres sont souvent le maillon faible de l’isolation thermique d’un logement. En hiver, elles peuvent laisser s’échapper entre 10 % et 25 % de la chaleur produite par votre système de chauffage. Même avec un double vitrage récent, le vitrage reste une surface froide par rapport aux murs, surtout lorsque les températures extérieures passent sous les 5 °C.
Quand il fait nuit, le phénomène est simple :
– la surface intérieure de la vitre se refroidit ;
– l’air chaud de la pièce vient au contact de cette surface froide ;
– il se refroidit à son tour, devient plus dense et retombe au sol ;
– le radiateur doit alors compenser en permanence cette perte de chaleur.
Résultat : vous augmentez la puissance de vos radiateurs, votre chaudière tourne plus longtemps, et chaque degré perdu se traduit sur la facture. Sur une base de 1 770 € par an, si 20 % de ces pertes sont liées aux fenêtres, cela représente plus de 350 € qui s’échappent littéralement par les vitrages.
C’est là que les volets jouent un rôle clé. En les fermant au moment opportun, vous créez devant la vitre une sorte de « coussin d’air » qui se comporte comme une petite couche isolante. Bien maîtrisé, ce simple geste du soir peut réduire d’environ 30 % les déperditions au niveau des fenêtres, soit plusieurs dizaines d’euros par an, surtout dans les régions froides ou pour les maisons mal isolées.
À quel moment fermer les volets pour vraiment économiser le chauffage ?
En journée, votre meilleur allié reste le soleil. Même en hiver, ses rayons apportent un chauffage solaire passif non négligeable. Il suffit parfois de quelques heures d’ensoleillement pour gagner 1 à 3 °C dans une pièce bien exposée.
Tant que la lumière naturelle pénètre et que le soleil touche les vitrages, laissez les volets et les rideaux ouverts, notamment sur les fenêtres orientées au sud et au sud-ouest. Fermer trop tôt, c’est se priver d’une énergie gratuite qui peut vous éviter de monter le thermostat.
En pratique, le bon timing dépend de la météo et de votre rythme de vie :
• Temps ensoleillé : fermez les volets lorsque le soleil ne touche plus la vitre et que vous commencez à allumer la lumière dans la pièce. Ce moment correspond généralement à la fin du crépuscule, lorsque la luminosité ne suffit plus à réchauffer l’intérieur.
• Ciel couvert ou temps gris : dès que la lumière du jour devient pâle, que la pièce ne gagne plus en chaleur ou que vous sentez un léger refroidissement près des fenêtres, vous pouvez déjà fermer. Inutile d’attendre la nuit noire : en l’absence de soleil, la vitre se refroidit plus vite.
• Retour tardif le soir : si vous quittez votre logement en fin d’après-midi en hiver, prenez l’habitude de fermer au moins les volets des façades nord et est avant de partir. Ces côtés sont les plus exposés au froid et au vent, donc les plus gourmands en chauffage.
L’idée n’est pas de fixer une heure unique, mais de caler ce geste sur la disparition effective de la chaleur du soleil. Ce sont ces quelques minutes, entre les derniers rayons et la nuit, qui font la différence entre une maison qui reste confortablement chaude et un logement qui se refroidit trop vite.
Ce qui se passe vraiment quand vous fermez (ou pas) vos volets
Derrière ce rituel du soir se cache une réalité physique très concrète. Une fenêtre agit comme un point de fuite pour la chaleur. Lorsque la température extérieure baisse, le vitrage devient une « paroi froide » : la chaleur intérieure se dirige naturellement vers cette zone, puis s’évacue vers l’extérieur.
En fermant les volets juste après le coucher du soleil, vous modifiez ce scénario :
– vous créez une lame d’air immobile entre la vitre et le volet ;
– cet air, peu renouvelé, devient un isolant simple mais efficace ;
– la surface intérieure de la vitre reste moins froide ;
– les mouvements d’air désagréables (courants d’air froid au sol) diminuent.
Les études d’efficacité énergétique estiment qu’une bonne utilisation des volets peut réduire de l’ordre de 25 à 30 % les pertes de chaleur au niveau des fenêtres. Sur une facture de chauffage à 1 770 €, cela peut se traduire par plusieurs dizaines d’euros économisés par an, voire plus si vos fenêtres sont anciennes ou si vous habitez une maison avec de grandes baies vitrées.
Au-delà de la facture, le confort change lui aussi sensiblement : moins de sensation de paroi froide, moins de courant d’air lorsque vous êtes près des fenêtres, et une température ressentie plus agréable, même si le thermostat ne bouge pas.
Optimiser volets, isolation et petits gestes du quotidien
Pour que ce geste du soir soit vraiment efficace, il doit s’inscrire dans un ensemble de bons réflexes autour de vos fenêtres et de votre chauffage. Certains détails, souvent négligés, peuvent faire gagner plusieurs degrés ou, au contraire, laisser filer la chaleur.
- Le type de volets : les volets roulants modernes avec lames isolantes offrent en général la meilleure protection thermique, surtout lorsqu’ils sont correctement posés et que le coffre est bien isolé. Les volets battants en bois restent très performants à condition d’être en bon état et de bien plaquer contre le cadre. Les modèles en aluminium peuvent également être efficaces s’ils intègrent une rupture de pont thermique. Les volets pliants plus anciens isolent peu et conviennent davantage aux régions au climat doux.
- Les finitions qui comptent : un volet qui ferme mal, des joints usés autour des fenêtres, un coffre de volet roulant non isolé ou des interstices entre le cadre et le mur peuvent réduire considérablement l’efficacité de la fermeture du soir. Des solutions simples comme des joints adhésifs, des boudins de porte, des mousses isolantes dans les coffres ou l’installation de rideaux épais devant les fenêtres renforcent fortement le « bouclier » thermique.
- Les rideaux comme seconde barrière : des rideaux lourds ou thermiques peuvent limiter encore les déperditions. Attention toutefois à ne pas couvrir complètement les radiateurs situés sous les fenêtres : cela bloque la diffusion de chaleur dans la pièce et diminue le rendement de votre système de chauffage.
- La ventilation maîtrisée : même en hiver, il est indispensable d’aérer environ 5 à 10 minutes par jour pour évacuer l’humidité produite par la respiration, la cuisine ou la douche. Un air trop humide (au-delà de 65 % d’hygrométrie) donne une sensation de froid et oblige à chauffer davantage. Un renouvellement d’air court mais efficace permet de repartir sur un air plus sec, plus facile à réchauffer.
- Le réglage de la température : accepter 1 ou 2 °C de moins sur le thermostat peut réduire significativement la facture. On estime qu’un degré de moins correspond à environ 7 % d’économies de chauffage. Un pull supplémentaire ou une paire de chaussettes épaisses peut parfois valoir bien plus qu’une heure de radiateur en plus.
En combinant un bon timing pour la fermeture des volets, quelques améliorations simples autour des fenêtres et une gestion intelligente de la température, votre routine du soir se transforme en véritable stratégie d’économie d’énergie. Et le meilleur dans tout cela, c’est que ce levier ne nécessite ni gros travaux ni investissements lourds : uniquement un peu d’attention au bon moment, chaque soir, dès que le soleil disparaît.
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