Bonne nouvelle pour les quelque 17 millions de retraités français : une évolution du barème fiscal, actuellement en discussion, devrait préserver de toute hausse d’impôts celles et ceux qui perçoivent moins de 2 500 € nets par mois pour 2026. Explications, chiffres clés et cas pratiques pour comprendre ce qui se joue vraiment.
Pourquoi changer le mode de calcul ? – Du fameux abattement de 10 % au futur forfait
Le système en vigueur applique automatiquement une déduction de 10 % sur le montant brut annuel des pensions, avec :
- un plancher de 450 € par personne ;
- un plafond de 4 399 € par foyer fiscal.
Exemple concret : un retraité qui touche 1 800 € nets par mois (soit 21 600 € par an) ne sera imposé que sur 19 440 € après application de cet abattement.
Pour 2026, le gouvernement envisage de remplacer ce pourcentage par une déduction forfaitaire unique, d’abord calibrée à 2 000 €. Si rien ne changeait, toute pension dépassant 20 000 € par an (environ 1 670 € par mois) perdrait l’avantage du système actuel ; un célibataire recevant 3 000 € mensuels verrait ainsi son impôt progresser d’environ 16,6 %.
L’amendement sénatorial : le seuil de protection remonte à 3 000 €
Face aux inquiétudes, les sénateurs ont proposé mi-novembre d’élever la déduction forfaitaire à 3 000 €. Ce simple chiffre change sensiblement la donne :
- Le seuil à partir duquel la réforme devient défavorable grimpe de 1 670 € à 2 500 € mensuels (soit 30 000 € par an).
- Près d’un retraité sur deux, appartenant à la « classe moyenne inférieure » des pensions, serait pleinement protégé.
Prenons deux exemples :
• Marie perçoit 2 200 € nets par mois ; avec le forfait de 3 000 €, son impôt n’augmentera pas.
• Jacques touche 2 800 € ; l’impact restera limité : la hausse attendue fondrait de moitié par rapport au projet initial.
Ce qui reste valable pour la déclaration 2025 (revenus 2024)
Rien ne change l’année prochaine : le classique abattement de 10 % s’applique toujours, avec les mêmes plancher et plafond. De plus :
• Les personnes âgées de plus de 65 ans bénéficient d’un abattement spécifique pouvant atteindre 2 795 € pour un revenu net imposable inférieur à 17 510 €.
• Les couples où les deux conjoints remplissent la condition d’âge voient ce montant doubler automatiquement.
Focus sur les contributions sociales : CSG, CRDS et CASA
Au-delà de l’impôt sur le revenu, la réforme n’affecte pas les prélèvements sociaux déjà allégés pour les petites pensions :
• Aucune CSG, CRDS ni CASA si le revenu fiscal de référence est inférieur à 12 818 € (une part).
• Entre 12 818 € et 16 755 €, seule la CSG au taux réduit de 3,8 % s’applique.
Ces seuils font, eux aussi, l’objet d’un suivi annuel pour tenir compte de l’inflation.
Quel impact pour les finances publiques ?
Le remplacement d’un abattement proportionnel par un montant fixe vise à stabiliser le coût budgétaire des niches fiscales, évalué à près de 4 milliards d’euros par an. Toutefois, le relèvement du forfait à 3 000 € réduit d’environ 600 millions d’euros l’économie initialement espérée. Reste que le gouvernement mise sur une montée en charge progressive : les pensions plus élevées, au-delà de 2 500 € par mois, supporteront l’effort principal, tandis que les petits et moyens retraités seront mis à l’abri.
Conclusion : si vous percevez moins de 2 500 € net par mois, la réforme, dans sa version amendée, ne devrait pas alourdir votre fiscalité en 2026. Pour les pensions supérieures, l’augmentation restera modérée grâce au relèvement à 3 000 € de la déduction forfaitaire. Les prochains mois seront toutefois décisifs : rester informé sera le meilleur moyen d’anticiper et d’ajuster, le cas échéant, sa stratégie fiscale.
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