« Retraites 2026 : j’ai gagné +0,9 %, mais je touche moins – voici pourquoi tant de retraités vont perdre de l’argent »

Alexandre

À première vue, la hausse prévue de 0,9 % des pensions de base au 1ᵉʳ janvier 2026 pourrait sembler rassurante : après tout, la plupart des retraités s’attendent à voir leur virement mensuel augmenter, même légèrement. Pourtant, un grand nombre d’entre eux constateront un paradoxe désagréable : leur pension nette baissera. La raison ? L’ajustement du barème de la CSG (Contribution sociale généralisée) qui, combiné à la revalorisation passée des pensions, fera basculer certains foyers vers des taux de prélèvement plus élevés.

Une revalorisation modeste après une année de forte inflation

En 2026, la revalorisation des pensions de base – versées notamment par la Carsat, la Cnav ou la MSA – se limitera à 0,9 %. Cette hausse est calculée selon l’indice des prix hors tabac, mesuré de novembre à novembre.

  • En 2024, la revalorisation atteignait 5,3 % : un bond soutenu pour compenser l’envolée des prix.
  • Pour 2026, l’inflation devrait ralentir, d’où une augmentation plus faible.
  • Dans le budget d’un retraité percevant 1 500 € brut par mois, la hausse sera d’environ 13,50 € brut mensuels, soit moins de 10 € nets après prélèvements.

À première lecture, cette revalorisation paraît positive. Pourtant, l’augmentation des prélèvements sociaux peut s’avérer plus importante que ces quelques euros supplémentaires.

Le fonctionnement de la CSG sur les pensions

La CSG appliquée aux retraites dépend du revenu fiscal de référence (RFR) du foyer et du nombre de parts fiscales. Quatre taux existent : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %.

  • À ces taux s’ajoutent la CRDS (0,5 %) et la contribution de solidarité pour l’autonomie (0,3 %).
  • Selon la tranche, le total des prélèvements sociaux peut donc atteindre 9,1 % de la pension brute.
  • Le barème est révisé chaque année ; pour 2026, les seuils augmenteraient d’environ 1,8 %, soit deux fois moins que la revalorisation de 2024.

Résultat : des pensions qui ont fortement progressé en 2024 peuvent pousser le RFR au-delà des seuils, entraînant une hausse de CSG en 2026.

Profils à risque : qui peut perdre du pouvoir d’achat ?

Les retraités situés juste en dessous des frontières de tranche sont les plus vulnérables.

  • Personnes seules : si votre RFR 2024 dépasse 13 048 €, vous quitterez la zone d’exonération totale. Un bond à 17 058 € ou plus vous placera dans le taux de 6,6 %.
  • Couples (2 parts) : la gratuité s’arrête à 20 014 € de RFR. Au-delà de 26 165 €, la CSG grimpera à 6,6 %.
  • Les foyers percevant une petite retraite complémentaire ou revenus fonciers risquent de franchir ces seuils.

Un changement de tranche peut effacer, voire dépasser la hausse brute de 0,9 %. Une augmentation de prélèvements de 2 % sur 1 800 € bruts mensuels représente 36 € de moins chaque mois, bien davantage que la hausse de 16 € bruts attendue.

Exemples concrets de basculement de tranche

  • Madame L., célibataire, RFR 2023 : 12 900 €
    • Revalorisation 2024 (+5,3 %) puis 2025 portent son RFR 2024 à 13 150 €.
    • Elle passe du taux de 0 % au taux de 3,8 %.
    • Sur une pension brute de 1 400 €, ses prélèvements passent de 0 € à 63,70 € par mois (CSG + CRDS + Casa).
    • Malgré la hausse de 0,9 % (+12,60 € bruts), elle perd environ 51 € nets chaque mois.
  • M. et Mme D., couple, RFR 2023 : 25 900 €
    • Après les revalorisations, leur RFR 2024 atteint 26 300 €, franchissant la barre des 26 165 €.
    • Leur taux passe de 3,8 % à 6,6 %.
    • Sur des pensions brutes cumulées de 2 600 €, la CSG et contributions passent de 192,40 € à 310 € mensuels.
    • L’augmentation brute (+23,40 €) ne compense pas la nouvelle ponction (+117,60 €). Ils perdront près de 94 € nets par mois.

Comment vérifier si vous serez concerné en 2026

  1. Consultez votre avis d’imposition 2025 : recherchez le RFR 2024.
  2. Notez votre nombre de parts fiscales.
  3. Positionnez votre RFR dans le barème 2026 (seuils majorés d’environ 1,8 %).
  4. Comparez le taux obtenu avec celui appliqué en 2025 sur votre pension.
  5. Estimez la différence : multipliez votre pension brute par l’écart de taux (par ex. 6,6 % – 3,8 % = 2,8 %).
  6. Soustrayez le gain brut attendu grâce à la revalorisation de 0,9 %.

    Si le résultat est négatif, votre pension nette diminuera.

Quand le nouveau taux de CSG s’appliquera-t-il ?

  • Pension de base : virement de février 2026 (rappel de janvier inclus).
  • Pension complémentaire (Agirc-Arrco, Ircantec, etc.) : début mars 2026.
  • Une régularisation sur les mois suivants est possible pour lisser la hausse ou la baisse en cas de décalage technique.

Anticiper son budget et ses démarches

  • Épargner en amont : prévoir une “cagnotte inflation” équivalente à un ou deux mois de dépenses fixes.
  • Mettre à jour sa situation fiscale : déclaration de revenus, exonérations locales, crédit d’impôt pour aide à domicile, etc.
  • Surveiller sa complémentaire : certaines caisses proposent des dispositifs d’aide en cas de baisse brutale de ressources.
  • Comparer ses assurances et abonnements : un changement de fournisseur d’énergie ou de mutuelle peut compenser partiellement la perte.
  • Se faire accompagner : centres d’action sociale, associations de retraités ou conseillers retraite peuvent calculer l’impact précis et proposer des solutions.

En résumé

La hausse de 0,9 % des pensions en 2026 cache un risque pour les retraités proches des seuils de CSG. La progression antérieure de leurs revenus, plus rapide que l’indexation du barème, peut les faire changer de tranche et réduire leur pension nette. En procédant dès maintenant aux vérifications et en ajustant leur budget, les foyers concernés limiteront la surprise – et l’impact – de cette double évolution tarifaire.

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