Vous avez reçu une lettre d’Intrum qui vous réclame le paiement d’une dette, et vous ne savez pas quoi faire ? Pas de panique, vous n’êtes pas le seul à vous poser des questions sur cette société de recouvrement. Chaque année, des milliers de personnes en France se retrouvent dans cette situation face à Intrum, société suédoise fondée en 1923 et active dans 24 pays. Si vous vous demandez s’il est obligatoire de payer Intrum, la réponse peut être surprenante : **vous n’êtes pas toujours tenu de payer**. Cet article vous explique pourquoi et comment vérifier la légitimité des demandes d’Intrum.
Comprendre les limites d’Intrum : ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire
Tout d’abord, il est essentiel de savoir qu’Intrum est **une société de recouvrement amiable** et non un huissier de justice. Cette distinction est cruciale car elle détermine leurs capacités d’action face à vous. Une société de recouvrement a pour mission de récupérer des sommes impayées, mais elle ne dispose d’aucun pouvoir juridique contraignant. Voici ce qu’Intrum ne peut pas faire :
- Saisir vos biens ou vos comptes bancaires.
- Bloquer votre salaire.
- Entrer dans votre domicile.
- Ajouter des frais supplémentaires non prévus dans le contrat original.
Seuls un huissier de justice muni d’un **titre exécutoire**, c’est-à-dire une décision de justice, peut exercer ces actions. En l’absence de ce document, Intrum n’a pas plus de pouvoirs qu’une entreprise classique vous envoyant une facture en attente de paiement.
💡 Sachez aussi que le recouvrement amiable est strictement encadré par le **décret n° 96-1112 du 18 décembre 1996**. Ce texte précise clairement les obligations des sociétés de recouvrement, notamment :
- Identifier qu’ils agissent en tant que société de recouvrement.
- Indiquer le nom du créancier d’origine.
- Donner des informations détaillées sur la somme réclamée.
- Éviter toute pratique intimidante ou trompeuse.
La connaissance de ces limites vous permet de garder le contrôle face à d’éventuelles pressions exercées par Intrum.
Dans quels cas refuser de payer Intrum est légalement justifié
Avant de céder à une demande de paiement, il est indispensable de vérifier que la créance réclamée est bien **justifiée**. Dans plusieurs cas, la demande peut être injustifiée ou même illégitime. Voici comment vérifier la légitimité des réclamations d’Intrum :
1. Exigez une preuve de la cession de créance
Intrum rachète fréquemment des portefeuilles de dettes auprès de créanciers originaux. Cependant, pour réclamer de l’argent, elle doit prouver qu’elle est légitimement propriétaire de cette créance. Demandez donc un document officiel attestant ce transfert.
2. Vérifiez si la dette est prescrite
Certaines dettes ne sont plus exigibles après un délai légal défini. Voici les principaux délais de prescription à connaître :
- **2 ans** pour un crédit à la consommation.
- **5 ans** pour une facture commerciale.
Par exemple, si vous n’avez pas eu d’échanges ou de paiements depuis plus de 2 ans pour un crédit à la consommation, la dette ne peut plus vous être réclamée.
3. Analysez le montant réclamé
Les sociétés de recouvrement incluent souvent des frais supplémentaires tels que **frais de dossier** ou **pénalités**, mais cela peut être illégal. Si ces frais n’apparaissent pas dans le contrat initial avec le créancier, vous êtes en droit de **contester** ces sommes.
Checklist pour ne pas payer intrum
Posez-vous les questions suivantes avant de prendre une décision :
- Avez-vous reçu une preuve de cession de créance ?
- La dette est-elle prescrite ?
- Le montant réclamé est-il conforme à la dette initiale ?
- Disposez-vous d’un détail précis des sommes demandées ?
- Le créancier d’origine confirme-t-il cette cession ?
En cas de doute sur un ou plusieurs points, vous avez le droit de refuser de payer et de **contester** la demande.
Comment gérer efficacement les sollicitations d’Intrum
Ignorer les courriers d’Intrum est une mauvaise stratégie. Cela pourrait être perçu comme de la mauvaise foi et ouvrir la porte à une procédure judiciaire. Voici une méthode pour répondre de manière professionnelle et efficace :
1. Privilégiez l’écrit
Communiquez toujours avec Intrum par **courrier recommandé avec accusé de réception**. Conservez une copie de l’ensemble de vos échanges pour constituer une preuve en cas de litige ultérieur.
2. Contestez clairement la dette
Si vous estimez que la dette n’est pas justifiée (montant incorrect, dette déjà réglée ou prescrite), énoncez clairement votre refus de payer dans votre courrier. Mentionnez les références des courriers reçus de leur part et joignez vos justificatifs au besoin.
3. Évitez les échanges téléphoniques
Les appels téléphoniques ne laissent **aucune trace officiellement exploitable** en cas de contestation et peuvent parfois être utilisés pour vous inciter à reconnaître la dette implicitement. Préférez toujours les échanges écrits.
4. Proposez un échéancier en cas de dette réelle
Si la créance est justifiée mais que vous avez des difficultés financières, proposez un **échéancier de paiement** réaliste. Cela montre votre bonne foi et peut éviter une intensification des démarches de recouvrement.
5. Signalez les abus
En cas de harcèlement téléphonique ou de pratiques intimidantes, mentionnez dans votre courrier que vous pourriez signaler ces agissements aux autorités, notamment la **DGCCRF** (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Cette simple mention suffit souvent à calmer les ardeurs des agents les plus insistants.
Les protections légales contre les abus d’Intrum
La loi française protège les consommateurs contre les abus de sociétés de recouvrement comme Intrum. Voici les principes de base à connaître :
- **Harcèlement téléphonique interdit** : Selon l’article 222-16 du Code pénal, des appels répétés ou à des heures inappropriées constituent une infraction. Vous pouvez porter plainte en cas de harcèlement.
- **Frais supplémentaires interdits** : Les sociétés de recouvrement ne peuvent pas ajouter des frais non inclus dans le contrat initial. Vous avez le droit de **refuser ces frais**.
- **Courriers intimidants ou trompeurs** : Toute tentative de faire passer un courrier pour un document officiel (faux en-tête d’huissier, etc.) est considérée comme une pratique déloyale, passible de poursuites.
💡 Si vous identifiez des abus, vous pouvez les signaler à la DGCCRF ou contacter une association de consommateurs pour obtenir de l’aide.
Conclusion : Agissez sans vous laisser intimider
Face à une demande de paiement d’Intrum, prenez le temps de vérifier scrupuleusement la légitimité de leurs sollicitations. Dans de nombreux cas, vous pouvez **ne pas payer Intrum** si la dette est prescrite, injustifiée ou si des frais abusifs sont ajoutés. Cependant, adoptez une démarche organisée : privilégiez toujours les échanges écrits et faites valoir vos droits sans crainte.
Si vous avez des doutes ou si la situation dépasse vos compétences, n’hésitez pas à solliciter l’avis d’un juriste ou d’une association de défense des consommateurs. Le savoir est votre meilleur allié pour défendre vos intérêts !
Alexandreest notre rédacteur senior, spécialisé dans les reportages vidéo et les interviews exclusives. Avec une formation en communication et une passion pour les histoires humaines, il apporte une dimension visuelle et émotive à nos contenus.
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