Leur retraite devait être synonyme de sérénité, pourtant près de 1,5 million de Français partis vivre hors de l’Hexagone vont devoir redoubler de vigilance. Dès mars 2026, une obligation administrative encore mal connue pourrait conduire quelque 400 000 d’entre eux à la suspension pure et simple de leur pension s’ils ne prouvent pas qu’ils sont toujours en vie.
Pourquoi un contrôle d’existence renforcé ?
Depuis plusieurs années, la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme : les caisses de retraite continuent parfois à verser des prestations à des personnes décédées, faute de remontées fiables de l’état civil étranger. Cette faille représenterait environ 60 millions d’euros de préjudice annuel pour les régimes français.
Exemple parlant : en 2021, le régime général a dû récupérer à lui seul plus de 43 millions d’euros de pensions indûment versées. Les zones où les échanges d’informations sont les plus complexes – Maghreb, Turquie, voire certains pays européens – concentrent la majorité de ces irrégularités.
Un plan de contrôle massif jusqu’en 2031
Le régime complémentaire Agirc-Arrco coordonne une campagne de vérification inédite :
- 60 000 contrôles par an en Algérie, soit près de 400 000 convocations entre 2026 et 2031 ;
- une extension à d’autres pays jugés « sensibles » si les résultats s’avèrent probants.
Pour les retraités, la menace est claire : en l’absence de réponse dans un délai de trois mois, le versement s’arrête. Lors d’une phase pilote, 40 % des bénéficiaires n’ont pas fourni les documents à temps ; un quart d’entre eux n’a jamais régularisé sa situation, entraînant la suppression définitive de leurs droits.
Comment se déroule la convocation ?
Les caisses et banques correspondantes envoient un courrier recommandé. Le retraité doit se présenter en personne avec :
- un certificat de vie ou d’existence délivré par les autorités locales ;
- une pièce d’identité en cours de validité ;
- l’acte de naissance original.
La démarche peut paraître lourde, surtout pour les personnes âgées ou vivant loin des centres administratifs. Certaines familles racontent avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres ou patienté des heures pour obtenir les précieux tampons.
La solution numérique : “Mon certificat de vie”
Pour simplifier le quotidien des seniors, le GIP Union Retraite prépare l’application mobile « Mon certificat de vie », disponible courant 2025. Grâce à une simple reconnaissance faciale via smartphone, les assurés de 71 ans et plus pourront confirmer leur existence en moins de deux minutes, évitant ainsi les déplacements en agence ou devant notaire. L’objectif : couvrir progressivement tous les retraités à l’étranger d’ici 2031.
Les bons réflexes pour ne pas perdre sa pension
• Consulter régulièrement son espace personnel sur Info-Retraite pour vérifier l’arrivée de toute notification.
• Conserver plusieurs copies numériques et papier de ses documents d’identité et actes d’état civil.
• Anticiper : dès la réception de la convocation, prendre rendez-vous avec l’administration locale afin d’obtenir le certificat de vie.
• Mettre à jour son adresse postale et son courriel auprès de chaque caisse pour éviter tout courrier égaré.
En respectant ces consignes, les expatriés pourront continuer à profiter pleinement de leur retraite au soleil, sans craindre la suspension de leurs paiements. L’enjeu est d’importance : pour beaucoup, la pension française reste la principale source de revenus à l’étranger.
Alexandreest notre rédacteur senior, spécialisé dans les reportages vidéo et les interviews exclusives. Avec une formation en communication et une passion pour les histoires humaines, il apporte une dimension visuelle et émotive à nos contenus.


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