Pour continuer à percevoir leur retraite complémentaire, plus de 400 000 retraités français installés hors des frontières devront bientôt prouver qu’ils sont toujours en vie. Cette convocation, transmise le plus souvent par leur établissement bancaire, se veut un garde-fou contre la fraude tout en consolidant la confiance dans le système de retraite.
Pourquoi cette opération de contrôle ?
La fédération Agirc-Arrco verse chaque mois près de 90 % des pensions complémentaires du secteur privé. Lorsqu’un assuré déménage à l’étranger, il devient plus difficile de vérifier l’authenticité des informations le concernant, notamment en cas de décès.
Exemple concret : un retraité décédé dont la famille continuerait de percevoir sa pension pourrait représenter, sur vingt ans, une perte de plus de 250 000 € pour le régime. Multipliez cette situation par quelques milliers de cas et la note grimpe rapidement.
Un calendrier serré et des chiffres clés
- D’ici 2030, environ 400 000 retraités seront invités à confirmer officiellement leur existence.
- En Algérie, pays qui concentre la plus forte communauté de bénéficiaires, 60 000 convocations seront envoyées chaque année à partir de 2025 ; l’objectif est de contrôler 100 % des dossiers en six ans.
- Au Maroc, en Tunisie et en Turquie, des vagues similaires démarreront dans la seconde moitié de la décennie pour couvrir, au total, près d’un million de pensions versées hors de France.
Comment la convocation se déroule-t-elle ?
Le retraité reçoit un courrier ou un message sécurisé de sa banque partenaire lui indiquant :
- La date et l’heure d’un passage au guichet muni de sa pièce d’identité.
- Les documents à présenter (carte de séjour, relevé d’identité bancaire, justificatif de domicile).
Un simple tampon et la confirmation électronique de l’agent suffisent ensuite à valider la présence du bénéficiaire. Pour les personnes à mobilité réduite, une procédure dématérialisée via smartphone — utilisant la reconnaissance faciale — sera progressivement déployée.
Des résultats pilotes édifiants
Lors de tests menés ces dernières années, près de 25 % des pensions examinées ont été suspendues. Les irrégularités recensées concernaient :
- des décès non déclarés entraînant le maintien indu des versements ;
- des cas d’usurpation d’identité, où une tierce personne percevait la pension.
À la suite de ces suspensions, plusieurs millions d’euros ont pu être réaffectés au financement global du régime.
La technologie contre la fraude : reconnaissance faciale et échanges de données
Au-delà des rendez-vous physiques, l’Agirc-Arrco accélère la numérisation de ses contrôles :
• Validation d’identité par selfies sécurisés, comparés en temps réel avec les photos stockées dans les bases officielles.
• Partage automatisé des registres d’état civil avec les autorités étrangères pour détecter instantanément un décès.
Ces procédés permettent de réduire les délais de vérification de plusieurs semaines à quelques heures, tout en limitant les déplacements des assurés.
Une question de confiance pour l’ensemble des cotisants
Le directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse rappelle que, si la somme économisée reste marginale par rapport aux 88 milliards d’euros versés chaque année en retraites complémentaires, « le symbole est majeur : exiger des efforts de tous suppose d’être intraitable avec les fraudeurs ».
En renforçant ses contrôles, l’Agirc-Arrco :
• protège la pérennité des droits des pensionnés honnêtes,
• montre sa vigilance face aux abus,
• et rassure les actifs actuels qui financent le régime.
Au final, cette large campagne de vérification, inédite par son ampleur, se veut à la fois un moyen de préserver les finances du système et un signal fort envoyé aux assurés : leur pension est servie à ceux qui y ont réellement droit, et elle continuera de l’être tant que chacun jouera le jeu de la transparence.
Alexandreest notre rédacteur senior, spécialisé dans les reportages vidéo et les interviews exclusives. Avec une formation en communication et une passion pour les histoires humaines, il apporte une dimension visuelle et émotive à nos contenus.


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