EN BREF
Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes volontaires peuvent réaliser « Mon bilan prévention ». Entre 70 et 75 ans, ce rendez-vous de 30 à 45 minutes est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais, mais il ne peut être effectué qu’une seule fois dans cette tranche d’âge.
L’ESSENTIEL EN 3 POINTS
- Le kiné rejoint les médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes parmi les professionnels autorisés à proposer ce temps de prévention.
- Le rendez-vous peut aborder l’activité physique, le sommeil, l’alimentation, le maintien à domicile, les vaccinations, les dépistages ou l’isolement social.
- Tous les kinés ne le proposent pas : il faut vérifier avant de réserver et préciser que l’on demande bien « Mon bilan prévention ».
Le bilan prévention 70-75 ans vient de devenir plus accessible. Depuis le 1er octobre 2026, il peut aussi être réalisé par un masseur-kinésithérapeute volontaire. Une nouveauté utile pour les seniors qui souhaitent parler mobilité, douleurs, équilibre ou maintien à domicile, mais aussi faire un point plus large sur leurs habitudes de vie sans attendre l’apparition d’un problème.
Ce rendez-vous ne remplace ni une consultation médicale ni des séances de rééducation. Il offre un temps distinct, plus long qu’un échange rapide entre deux soins, pour repérer les priorités et repartir avec un plan d’actions personnalisé. Voici ce qui change concrètement, qui peut en profiter et comment éviter de prendre le mauvais rendez-vous.
Ce qui change réellement depuis le 1er octobre
Jusqu’ici, « Mon bilan prévention » pouvait être réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme. Les masseurs-kinésithérapeutes ont désormais rejoint cette liste. Le changement est intéressant après 70 ans, car beaucoup de personnes consultent déjà un kiné pour une douleur, une récupération après une opération ou des difficultés de mobilité.
Cette proximité ne signifie toutefois pas que chaque cabinet propose automatiquement le dispositif. Le professionnel doit être volontaire et organisé pour réserver un créneau adapté. Avant de vous déplacer, demandez clairement : « Réalisez-vous Mon bilan prévention pour les 70-75 ans ? » Un rendez-vous ordinaire de kinésithérapie et ce bilan ne sont pas la même chose.
Autre point important : le choix du kiné n’enlève rien aux autres possibilités. Vous pouvez continuer à vous adresser à votre médecin, à un infirmier, à un pharmacien ou à une sage-femme qui participe au dispositif. Le bon interlocuteur est surtout celui avec lequel vous pourrez parler librement et obtenir un créneau de 30 à 45 minutes.
Qui peut bénéficier de ce rendez-vous sans avance de frais ?
Pour le volet qui concerne les seniors, il faut avoir entre 70 et 75 ans. Le bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie et aucun frais n’est à avancer. Il ne s’agit pas d’une aide soumise au niveau de pension ou au revenu fiscal : l’âge est le critère central pour cette tranche.
En revanche, un seul bilan peut être réalisé pendant cette période de la vie. On ne peut donc pas en faire un chez le pharmacien, puis un second chez le kiné quelques mois plus tard. Si vous l’avez déjà effectué entre 70 et 75 ans, la nouveauté d’octobre ne crée pas un nouveau droit dans la même tranche d’âge.
Vous n’avez pas besoin d’être malade pour le demander. C’est précisément un rendez-vous de prévention : il sert à faire le point avant qu’une difficulté ne s’installe ou à repérer un sujet qui mérite ensuite une consultation dédiée. Si un besoin de soins apparaît pendant l’échange, le professionnel peut vous orienter vers l’interlocuteur adapté.
Pourquoi le kiné peut apporter un regard utile après 70 ans
Le masseur-kinésithérapeute est particulièrement bien placé pour parler d’activité physique, de sédentarité, d’équilibre, de douleurs musculo-squelettiques et de prévention de la perte d’autonomie. Cela peut aider une personne qui se sent moins stable, réduit progressivement ses sorties ou n’ose plus reprendre une activité après une chute ou une longue période d’inactivité.
Le bilan reste néanmoins global. Il peut aussi porter sur le sommeil, l’alimentation, les consommations de tabac ou d’alcool, la santé mentale, la vaccination, les dépistages, l’environnement du logement ou les liens sociaux. Le professionnel aide à sélectionner un ou deux sujets prioritaires au lieu de dresser une liste impossible à suivre.
Si l’activité physique devient votre priorité, mieux vaut viser un objectif adapté plutôt qu’un chiffre universel. Notre article sur le mythe des 10 000 pas par jour rappelle justement qu’un programme réaliste doit tenir compte du niveau de départ et de l’état de santé.
Le rendez-vous n’est pas un examen médical complet
Le mot « bilan » peut prêter à confusion. Ce rendez-vous n’est pas une batterie automatique d’analyses, d’imagerie ou de tests physiques. Il commence par un échange sur votre situation, vos habitudes et vos préoccupations. Selon les besoins, certaines vérifications ou actions de dépistage peuvent être évoquées, mais l’objectif principal reste de construire une démarche de prévention cohérente.
À la fin, un plan personnalisé de prévention doit reprendre les sujets retenus et les actions envisageables. Cela peut être, par exemple, reprendre progressivement la marche, vérifier un vaccin, programmer un dépistage, discuter d’un sommeil très perturbé ou demander un avis sur l’aménagement du domicile. Les décisions dépendent de chaque situation : il n’existe pas de programme identique pour tous les seniors.
Ce cadre évite aussi une erreur fréquente : vouloir tout régler en une séance. Un trouble nouveau, une douleur inhabituelle, un essoufflement ou une chute récente nécessitent parfois une consultation spécifique. Le bilan sert alors à mieux orienter la suite, pas à poser seul tous les diagnostics.
Les documents à préparer pour ne pas perdre le créneau
Quelques minutes de préparation permettent de rendre l’échange plus utile. Le questionnaire dédié aux 70-75 ans peut être rempli avant le rendez-vous, notamment depuis Mon espace santé ou sur papier. Il reste facultatif : si vous n’êtes pas à l’aise avec le numérique ou avec certaines questions, vous pouvez le compléter pendant le bilan.
- apportez votre carte Vitale ;
- rassemblez vos informations de vaccination ;
- prenez, si vous les avez, vos derniers résultats d’analyses ou de dépistage ;
- notez deux ou trois sujets qui vous préoccupent vraiment ;
- signalez dès la réservation qu’il s’agit de « Mon bilan prévention ».
Pour préparer la partie consacrée au sommeil, vous pouvez aussi noter pendant quelques jours vos heures de coucher, les réveils nocturnes et la fatigue ressentie au lever. Cela donnera des éléments plus précis qu’un simple « je dors mal ». Vous pouvez compléter cette réflexion avec nos conseils pour mieux dormir après 60 ans, sans commencer seul un traitement ou un complément.
Le piège à éviter au moment de réserver
Ne supposez pas qu’un kiné propose le bilan simplement parce qu’il vous suit déjà. Tous les professionnels ne participent pas au dispositif, et le créneau demandé est plus long qu’une conversation rapide en fin de séance. Une confirmation explicite protège contre un déplacement inutile et contre une confusion avec un bilan de kinésithérapie lié à une prescription.
Vous pouvez interroger vos professionnels habituels ou rechercher un participant dans l’annuaire de Santé.fr. Si aucun kiné proche de chez vous ne propose le rendez-vous, tournez-vous vers un pharmacien, un infirmier, un médecin ou une sage-femme volontaire. L’objectif n’est pas d’attendre le professionnel parfait, mais de trouver un interlocuteur disponible avec lequel le dialogue sera simple.
En conclusion : une nouvelle porte d’entrée, pas un rendez-vous supplémentaire
L’arrivée des kinésithérapeutes élargit les possibilités pour réaliser le bilan prévention 70-75 ans. C’est une option particulièrement logique lorsque la mobilité, l’équilibre, l’activité physique ou le maintien à domicile sont au cœur des préoccupations. Mais la règle reste la même : un seul bilan dans la tranche d’âge, auprès d’un professionnel volontaire, pendant 30 à 45 minutes et sans avance de frais.
Le bon réflexe est donc très concret : vérifier si vous avez déjà bénéficié du dispositif, choisir le sujet prioritaire que vous voulez aborder, puis appeler avant de réserver. Cette préparation simple permet de transformer un rendez-vous gratuit en véritable point de départ, plutôt qu’en échange trop général vite oublié.
Alexandreest notre rédacteur senior, spécialisé dans les reportages vidéo et les interviews exclusives. Avec une formation en communication et une passion pour les histoires humaines, il apporte une dimension visuelle et émotive à nos contenus.
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