En février, près de 17 millions de retraités s’apprêtent à constater des mouvements sur leur compte bancaire. Entre la légère revalorisation de la pension de base et l’entrée en vigueur d’un nouveau barème de CSG, le montant réellement versé pourra grimper… ou baisser. Le tout avec des virements étalés tout au long du mois, selon le régime de retraite concerné. Décryptage complet pour anticiper l’impact sur votre budget.
Calendrier des virements : des dates différentes selon le régime
- Régime général (Cnav) – Virement prévu le vendredi 9 février. Il s’agit de la pension du mois de janvier, majorée de 0,9 % et soumise aux nouveaux prélèvements sociaux.
- Retraite complémentaire Agirc-Arrco – Versement dès le vendredi 2 février, soit le premier jour ouvré du mois. Environ 14 millions d’anciens salariés du privé sont concernés.
- CNRACL (agents territoriaux et hospitaliers) – Paiement le mardi 25 février.
- Retraités de l’État – Virement le mercredi 26 février.
Exemple concret : un ancien salarié du privé qui perçoit également une pension de la CNRACL touchera sa retraite complémentaire le 2 février, puis sa pension de base le 9 février et enfin sa pension publique le 25 février. Il est donc possible que ses revenus mensuels arrivent en trois temps, ce qui requiert une gestion budgétaire plus fine.
Revalorisation de 0,9 % : une hausse attendue mais modeste
La pension de base est traditionnellement revalorisée au 1ᵉʳ janvier pour tenir compte de l’inflation. En 2024, l’augmentation est de 0,9 %.
• Pour un retraité percevant 1 200 € bruts par mois, la hausse se traduit par environ +10,80 €.
• À 2 000 € bruts, le gain atteint environ 18 €.
Cette hausse met fin à plusieurs mois de stagnation, mais elle reste limitée si on la compare à la hausse moyenne des prix de l’an dernier. Par ailleurs, elle n’apparaît qu’à partir du virement de février puisque la pension versée début janvier correspondait encore au mois de décembre.
Le nouveau barème de la CSG : un couperet pour certains
Depuis le 1ᵉʳ janvier, les seuils de la Contribution sociale généralisée ont été relevés de 1,8 % afin de suivre l’inflation. Les taux applicables sur les pensions sont :
- 0 % (exonération totale),
- 3,8 % (taux réduit),
- 6,6 % (taux médian),
- 8,3 % (taux plein).
Problème : la pension de base a augmenté de 5,3 % en 2023 puis de 0,9 % en 2024, soit davantage que la revalorisation des seuils de la CSG. Résultat, certains pensionnés peuvent franchir un palier et voir leur taux grimper.
Illustration :
• Avant : revenu fiscal de référence de 23 900 € → seuil du taux réduit (3,8 %) non atteint.
• Après revalorisation : revenu fiscal porté à 24 500 € → dépassement du seuil, passage au taux médian (6,6 %).
Conséquence pour une pension nette de 1 500 € :
• Gain brut : +13,50 € grâce à la revalorisation de 0,9 %.
• Hausse de la CSG : −42 € environ.
• Solde final : –28,50 €. La pension nette baisse malgré l’augmentation du brut.
Agirc-Arrco, CNRACL, État : des spécificités à connaître
Agirc-Arrco
• Les pensions complémentaires, gelées l’an dernier, reprennent une évolution normale.
• Si votre taux de CSG change, la modification ne sera appliquée qu’en mars, avec régularisation rétroactive pour janvier et février. Vous pourriez donc percevoir un virement de février inchangé, suivi d’un ajustement le mois suivant.
CNRACL et pensions de l’État
• Les pensions publiques sont versées en fin de mois.
• Le double effet « revalorisation + nouveau barème de CSG » apparaîtra donc sur les virements des 25 et 26 février.
• Pour les retraités polypensionnés (ex. un ancien infirmier hospitalier ayant travaillé dans le privé), la comparaison des trois derniers relevés (décembre, janvier, février) s’avère indispensable afin d’isoler l’impact de chaque mesure.
Anticiper l’impact sur votre budget : les bons réflexes
- Comparer les relevés : vérifiez les montants nets de décembre, janvier et février pour chaque caisse afin de repérer toute variation inattendue.
- Consulter votre avis d’impôt : le revenu fiscal de référence 2022, utilisé pour fixer la CSG 2024, est disponible. Une revalorisation ou un changement de situation familiale peut vous faire changer de tranche.
- Simuler la pension nette : plusieurs simulateurs officiels permettent d’estimer l’effet du nouveau taux de CSG. Mieux vaut anticiper une éventuelle baisse pour ajuster ses dépenses.
- Prévoir un matelas de trésorerie : l’échelonnement des paiements en février peut créer un creux temporaire. Un fonds de précaution ou un virement automatique depuis un livret peut éviter tout découvert.
- Se renseigner auprès des caisses : en cas d’écart important, contactez votre caisse (Cnav, Agirc-Arrco, CNRACL, Service des retraites de l’État) pour obtenir une explication détaillée.
Ce qu’il faut retenir
- La pension de base gagne 0,9 % en janvier ; la hausse apparaît sur le virement du 9 février pour la plupart des retraités du régime général.
- Le barème de la CSG évolue au 1ᵉʳ janvier : selon le revenu fiscal, la pension nette peut augmenter… ou baisser.
- Les dates de paiement varient : 2, 9, 25 ou 26 février selon votre régime.
- Les compléments Agirc-Arrco intégreront les nouveaux taux de CSG seulement en mars, avec rattrapage.
- Surveillez vos relevés et anticipez votre trésorerie pour éviter les mauvaises surprises.
En somme, si février apporte des bonnes nouvelles pour votre pension brute, l’effet réel sur votre portefeuille dépendra surtout de votre tranche de CSG et du calendrier de vos différentes caisses. एक bonne anticipation demeure la clé pour traverser sereinement ce mois de transition.
Alexandreest notre rédacteur senior, spécialisé dans les reportages vidéo et les interviews exclusives. Avec une formation en communication et une passion pour les histoires humaines, il apporte une dimension visuelle et émotive à nos contenus.


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