Avec le vieillissement de la population et la nécessité d’assurer une transition en douceur vers l’inactivité, la retraite progressive constitue un levier essentiel pour favoriser l’emploi des seniors. Ce dispositif permet aux salariés d’aménager leur fin de carrière en combinant travail à temps partiel et perception anticipée d’une partie de leur retraite. Mais qui peut en bénéficier ? Quelles sont les évolutions à venir ?
Qui a droit à la retraite progressive ?
Actuellement, la retraite progressive est accessible sous certaines conditions d’âge et d’ancienneté. Ce mécanisme permet aux salariés de percevoir une fraction de leur pension tout en continuant à exercer une activité à temps partiel, jusqu’à la liquidation définitive de leurs droits. En 2024, l’âge minimal requis pour en bénéficier dépend de l’année de naissance :
- 60 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1963 ;
- 61 ans pour celles nées en 1964 ;
- 61 ans et 3 mois pour celles nées en 1965 ;
- 61 ans et 6 mois pour celles nées en 1966 ;
- 61 ans et 9 mois pour celles nées en 1967 ;
- 62 ans pour les générations nées à partir de 1968.
En plus des conditions d’âge, l’accord de l’employeur est indispensable pour bénéficier de la retraite progressive. En cas de refus, celui-ci doit être justifié par « l’incompatibilité de la durée de travail demandée avec l’activité économique de l’entreprise », comme le stipule l’article L. 3123-4-1 du Code du travail.
Vers un assouplissement du dispositif ?
Afin de renforcer l’attractivité de la retraite progressive et d’encourager son adoption, les partenaires sociaux ont récemment proposé un élargissement de son accès. La principale modification envisagée concerne l’abaissement de l’âge minimal à 60 ans, sous réserve de remplir les autres conditions, notamment une durée d’assurance minimale de 150 trimestres (soit 37,5 ans de cotisations).
Autre nouveauté majeure : si l’accord de l’employeur reste une exigence, un projet d’accord national interprofessionnel (ANI) prévoit qu’un refus devra désormais être écrit, justifié et motivé. L’employeur devra ainsi démontrer que le passage à temps partiel de son salarié aurait un impact négatif sur la continuité d’activité de l’entreprise ou sur le service concerné, notamment en raison de tensions de recrutement sur le poste.
Quels enjeux pour l’avenir ?
Ces ajustements visent à encourager davantage de seniors à recourir à la retraite progressive, dans un contexte où l’emploi des plus de 55 ans reste un enjeu majeur. En facilitant un départ progressif du marché du travail, le dispositif permet non seulement de limiter les effets d’une cessation brutale d’activité mais aussi d’anticiper et d’organiser la transmission des compétences en entreprise.
Si ces évolutions sont mises en œuvre, elles pourraient renforcer l’attractivité de la retraite progressive et favoriser un meilleur équilibre entre maintien en emploi et transition vers la retraite définitive. Reste à voir si ces mesures suffiront à convaincre les employeurs et les salariés de s’en saisir davantage.
Bertrand est le rédacteur en chef de Swigg.fr. Avec plus de 10 ans d’expérience dans la rédaction de contenus numériques, il apporte une vision stratégique et une expertise approfondie dans la couverture de la culture urbaine.


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